La galerie de Marie de Médicis

Les 24 toiles sur la vie de Marie de Médicis, reine de France au XVIe siècle

La galerie de Marie de Médicis au musée du Louvre

Contre la religion protestante, l’art baroque se répand dans tous les domaines artistiques, notamment dans la peinture. Un jeune peintre flamand, Pierre Paul Rubens (1577-1640), dont les grands princes européens se disputent les faveurs, est célèbre pour son style représentatif du courant baroque. Très influencé par Le Caravage et Le Titien (peintres italiens), et digne héritier de la technique de la réalité, Rubens compose des tableaux débordant de vitalité baroque. Ces personnages sont toujours en mouvement.

En 1622 la reine Marie de Médicis (1573-1642) commande à Rubens une série de 24 toiles pour décorer son Palais du Luxembourg. Ces toiles doivent mettre en scène les moments cruciaux de l’existence de la reine. Grâce à une galerie de peintures aménagée dans le palais, la reine veut offrir au public une image d’une souveraine puissante. Avec ces tableaux Marie de Médicis affirme son retour au pouvoir. En effet, à la mort du roi Henri IV en 1610, Marie de Médicis assure la régence jusqu’en 1617 pendant la minorité de Louis XIII, son fils. Après 5 ans d’exil, la reine mère est autorisée à revenir en France et Louis XIII lui accorde le droit de participer à la politique du royaume.

Marie de Médicis prend le pouvoir

L’apothéose de Henri IV et la proclamation de la régence de Marie de Médicis le 14 mai 1610

Rubens réalise les 24 toiles en trois ans avec l’aide de jeunes apprentis dans un atelier, créé pour l’occasion. Rubens mélange le réalisme et l’allégorie. Les personnages nus sur les tableaux ne sont pas réels, Rubens représente des personnages de la mythologie gréco-romaine. Par exemple, on peut voir sur le tableau intitulé « l’apothéose d’Henri IV et la proclamation de la régence de la reine », à gauche les dieux de la mythologie qui accueillent Henri IV assassiné, qui porte une couronne de lauriers (symbole d’immortalité). L’assassin du roi, Ravaillac, est symbolisé par le serpent. A droite Marie de Médicis en deuil reçoit le globe décoré d’une fleur de Lys (symbole du pouvoir), remis par des personnages allégoriques. Aux pieds de la reine, il y a un chien (symbole de la fidélité) et des sujets du royaume qui tendent les mains en signe dallégeance.

Toutes ces peintures sont actuellement au musée du Louvre.

Vocabulaire :

une faveur : un service

une toile : un support sur lequel on fait des peintures à l’huile

une souveraine : une reine

un apprenti : jeune homme qui aide un peintre dans son travail

une allégorie : une idée concrétisée par une image

l’allégeance : obligation d’obéissance et de fidélité à un souverain