Pèlerinage à l’île de Cythère

En 1648 la création de l’Académie royale, suivie en 1666 de celle de l’Académie de France à Rome (prix de Rome) donne au roi le contrôle des arts. Pour y entrer, un artiste doit présenter un premier tableau, appelé « morceau de réception« . Jean Antoine Watteau (1684-1721), influencé par les toiles baroques de Rubens et les personnages de la Commedia dell’arte italienne, y présente son morceau de réception « Pèlerinage à l’île de Cythère » en 1717. Cette toile remporte un grand succès et permet à l’Académie d’inventer un genre nouveau : les « fêtes galantes ». Elle marque également une étape importante dans le développement du rococo. Les toiles de Watteau, dont les thèmes sont éloignés de l’histoire et de la religion, font écho aux fêtes libertines qui sont fréquentes pendant la Régence (1715-1723).

Le morceau de réception de Antoine Watteau

Le pèlerinage à l’île de Cythère par Watteau, 1717

Au XVIIIe siècle, l’idée de l’amour est développée et on commence à utiliser le mot galant. Une fête galante est la représentation d’une histoire romanesque, où des personnages en costumes se promènent en parlant d’amour dans un décor en plein air. Sur la toile de jeunes couples sont sur l’île de Cythère (où Aphrodite est née). Ils y font un pèlerinage afin de rendre hommage à la déesse de l’amour, Aphrodite, dont on aperçoit la statue à gauche. Le tableau symbolise le style de vie indolent de l’aristocratie et il décrit les différentes étapes de l’amour : des couples, très amoureux, assis près de la statue, aux couples, qui semblent plus timides et qui se dirigent vers le bateau. Grâce au succès du tableau, Watteau en fait deux versions et sur la deuxième, le peintre y ajoute de nombreux putti.

Vocabulaire :

le rococo : un style qui apparaît au XVIIIe siècle dans l’art et qui est une contraction de rocaille (décoration fantaisiste pour les fontaines) et de barroco en espagnol (baroque)

faire écho à : refléter/ ce qui répète

pèlerinage : un voyage que l’on fait pour aller prier dans un lieu saint

indolent : paresseux

les putti : des êtres (qui ressemblent à des bébés) qui ont des ailes et qui s’amusent